Son conscient la fatigue, la torture ; Son inconscient la soulage. Elle attend la nuit comme une délivrance silencieuse et avec une impatience écoeurante. Sa faiblesse la frappe comme un grand coup dans le visage, sa dignité s'est réduite à des poussières. Elle a senti son estomac peser plus lourd qu'il ne le devrait, elle a senti son c½ur se déchirer et ses yeux la brûler. Elle a senti son corps succomber à une souffrance incomparable qu'elle ne veut plus retrouver, qu'elle se sent incapable de revivre. Son inconscient est la seule partie de son esprit qui soit un minimum sûr et vivable, à présent. Ses paupières fatiguées se ferment, elle s'endort enfin. C'est là sa seule réjouissance de la journée. Tous les soirs, elle s'adonne à cette courte délivrance. Elle choisit donc la solution de facilité, cela ne lui ressemble pourtant pas, mais elle n'est plus vraiment la même maintenant. Elle cache son mal jusqu'à ce que les murs de sa chambre la cache, qu'elle puisse enfin se libérer. Elle a considéré la mort pour la première fois comme un soulagement ; elle n'a plus grand-chose à perdre. Elle n'a pas peur de ce qu'elle laisse derrière elle. Elle veut plus que tout sombrer dans cet inconscient éternel, plus épais, plus sombre, plus long. Elle dramatise, mais ses sentiments ne la trompent pas,
Ne la tromperont plus.